
L’essentiel à retenir sur Comment faire les devoirs sans s’énerver ? : les crises ne viennent pas de la mauvaise volonté de l’enfant, mais d’un déséquilibre dans les sphères d’apprentissage. En priorisant le lien affectif sur les notes, on déverrouille littéralement le cerveau pour le rendre disponible. Une astuce concrète : 15 minutes de temps dédié par jour suffisent souvent à désamorcer les conflits. Pour creuser le sujet, retrouvez Aurélie Dhoyer sur Skool.
Le soir, la fatigue aidant après une journée de travail, les leçons finissent souvent en cris et en pleurs, alors je me suis demandé comment faire les devoirs sans s’énerver pour préserver l’harmonie familiale. J’ai invité l’experte Aurélie Dhoyer à nous livrer ses secrets et astuces d’orthopédagogue pour transformer enfin ce calvaire quotidien en un moment serein. Préparez-vous à changer radicalement de méthode avec ses trois clés indispensables pour débloquer la motivation de votre enfant. C’est parti !
–Temps de lecture: 5 min–
mise-à-jour avril 2026
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Pourquoi les devoirs virent-ils au cauchemar ? (l’avis d’une experte)
Le soir, la même rengaine : les devoirs tournent au conflit
18h30, la fatigue tombe, on ouvre le cartable et… c’est le drame : boule au ventre et sentiment d’impuissance face aux cris. J’ai connu cela avec mes filles et je me suis senti nul de ne pas pouvoir les aider davantage (alors que j’ai été prof 10 ans !) ?
Voici mon retour suite à ma rencontre avec Aurélie Dhoyer (que j’aurai aimé rencontrer plus tôt). Pour faire court, elle est une ancienne enseignante de maths (pendant 17 ans) et elle s’est reconvertie en tant qu’orthopédagogue pour aider les familles.
Le déclic ? Le confinement. Malgré son expérience professionnelle, les devoirs avec sa fille étaient un enfer. Elle a compris, à la dure, qu’enseigner à une classe et accompagner son propre enfant sont deux mondes différents.
Depuis ? Elle s’est formée en neuroéducation, en gestion mentale, en troubles DYS, TDAH, Barkley … et a accompagné plus de 100 familles.
Aujourd’hui, Aurélie Dhoyer met cette expertise au service des parents, en les aidant à changer de posture face aux devoirs et à mieux comprendre le fonctionnement d’apprentissage de leur enfant. Elle est à l’origine du projet Noscophilia.
La fausse piste des résultats scolaires
Aurélie est formelle : on se trompe de cible ! Quand ça coince, on regarde les notes, les ratures, la performance. On met la pression sur le résultat final, et c’est exactement ce qui bloque tout.
Le souci, ce n’est pas que votre enfant ne veut pas apprendre. C’est souvent qu’il n’est tout simplement pas disponible pour le faire à l’instant T, il n’a pas une attention suffisamment efficace pour faire ses devoirs.
Cette disponibilité tient sur deux piliers que l’on zappe tout le temps : le climat émotionnel à la maison et la compréhension de la mécanique de l’apprentissage.
Quand le cerveau de l’enfant se met en mode « menace »
Imaginez un peu. Sous la pression ou la peur de l’échec, le cerveau de votre enfant passe en mode « survie ». C’est biologique : le stress coupe l’accès à la réflexion pour gérer la menace immédiate.
Si la relation est tendue, rien ne passe. Si la relation est sécurisante, tout devient possible.
Inutile d’insister dans ces conditions. Tenter d’apprendre quand le cerveau est verrouillé, « c’est comme essayer de remplir un vase avec un couvercle dessus » : voué à l’échec. Il est temps de faire une pause et de prendre un peu de recul …
Voici le petit teasing vidéo de ma rencontre avec Aurélie (vous retrouverez l’interview complète, ci-dessous, en fin d’article)

Les 3 sphères : la boussole pour sortir de l’orage
Maintenant qu’on a compris le problème, Aurélie nous offre une carte pour naviguer plus sereinement, une routine, quel que soit l’âge de l’enfant. C’est son approche des trois sphères, et c’est une vraie révélation pour moi !
La sphère affective : le cœur du réacteur
C’est le climat émotionnel global. On parle de la qualité de la relation parent-enfant, de la confiance, mais aussi de la pression et de la peur de décevoir qui paralysent nos gosses.
Soyons clairs : c’est le socle. Si cette base est bancale, tout le reste s’effondre.
Bonne nouvelle, c’est pile ici que nous avons le plus grand pouvoir d’action. C’est notre terrain de jeu principal.
La sphère cognitive : la boîte à outils de l’apprenti
Ici, on touche au « comment » le cerveau fonctionne pour apprendre. Comment mémoriser, comprendre, et surtout, à quoi ça sert concrètement.
Le hic ? Beaucoup galèrent, non par manque d’intelligence, mais parce qu’ils n’ont jamais appris à apprendre.
Notre boulot n’est pas de faire à leur place, mais d’aider l’enfant à trouver ses propres stratégies.
La sphère disciplinaire : le terrain réservé à l’enseignant
On parle ici du contenu pur : les leçons, les exercices, les maths ou l’histoire.
Il faut l’accepter : cette zone est le domaine réservé de l’enseignant. Le parent n’est pas un prof bis.
L’erreur classique ? On s’acharne sur cette sphère, alors que notre véritable levier se trouve dans les deux premières. C’est la clé pour changer de posture.
- 🔹 La sphère affective : le climat émotionnel et la relation.
- 🔹 La sphère cognitive : les stratégies pour apprendre.
- 🔹 La sphère disciplinaire : le contenu scolaire (le job du prof !).
La priorité absolue avant même d’ouvrir un cahier
Ok, on a la théorie des 3 sphères. Mais concrètement, comment faire les devoirs sans s’énerver ? La réponse d’Aurélie est simple, presque déconcertante, et elle change tout.
15 minutes de « temps de lien » pour tout débloquer
Aurélie ne tergiverse pas : avant de vouloir remplir le cerveau, il faut connecter les cœurs. C’est la base absolue. Si le canal relationnel est brouillé par la journée, aucune info ne passera, c’est aussi bête que ça.
La méthode ? Bloquez 10 à 15 minutes par jour pour une activité choisie par l’enfant. Peu importe les activités. On joue, on discute, on rit.
La règle d’or non négociable ? Interdiction totale de parler d’école, de devoirs ou de la note de maths du jour.
Voyez ce moment comme un investissement massif. Vous blindez votre relation et préparez le terrain pour une adolescence beaucoup plus sereine. Ayez confiance, ça marche ! Ces « pauses » sont essentielles.
Le piège de la course aux bonnes notes
On veut bien faire, mais se focaliser sur le bulletin scolaire est une erreur stratégique majeure. L’enfant finit par croire que votre amour — et sa propre valeur — dépend uniquement d’un 18/20 en dictée.
Le résultat ? C’est l’inverse de l’effet recherché. Le stress de décevoir paralyse, l’anxiété monte et l’enfant préfère souvent ne rien faire (l’évitement) plutôt que de risquer l’échec. La motivation s’effondre avant même d’avoir commencé.
Pour garder l’envie d’apprendre intacte, il vaut mieux valoriser les efforts plutôt que les résultats.
Et si mon enfant réussit sans forcer ?
Vous avez un enfant qui a des facilités ? Attention, le piège est sournois. Il peut vite se dire : « Pourquoi je me foulerais si j’ai déjà de bonnes notes sans rien faire ? ». C’est logique, non ?
Le souci, c’est que sa motivation repose sur la facilité, pas sur le goût de l’effort. Au fil des années, du premier obstacle, ça casse.
Bref, difficulté ou facilité, même combat : focaliser sur les notes tue la motivation intrinsèque. Changeons de lunettes.
Comprendre le cerveau de son enfant (sans être neuroscientifique)
Une fois la relation apaisée, on peut s’attaquer au deuxième grand levier parental : comprendre un minimum comment fonctionne la machine à apprendre de nos enfants, de la primaire jusqu’au lycée (et même toute la vie !).
Comment on apprend, et pour-quoi apprendre ?
Les « évocations » : le secret de la mémorisation
Aurélie utilise ce terme un peu technique, mais le principe est simple. L’évocation, c’est l’acte de se créer des images, des sons ou des sensations dans sa tête pour s’approprier une information.
Prenons un exemple concret : un enfant qui récite une poésie par cœur sans la comprendre ne l’a pas « évoquée ». Il n’a pas créé d’images mentales associées à l’histoire. L’apprentissage se passe réellement dans la tête, pas sur le cahier.
Le rôle du parent est simplement d’aider l’enfant à prendre conscience de ce processus mental invisible.
Parfois, l’évocation est facile, par exemple : le petite fille mange du chocolat dans la cuisine.
Parfois, une petite aide des parents est la bienvenue : la nièce de Théoline abhorre les lombrics.
Aurélie donne sur son Skool des outils aux parents pour repérer les évocations de l’enfant dans ce qu’il aime, puis les transférer vers le scolaire.
Le cerveau est « un muscle » (qui oublie vite)
Il faut combattre l’idée reçue du « je suis nul en maths ». Aurélie me rappelle que le cerveau est plastique : il se transforme en permanence et crée de nouvelles connexions neuronales.
Pourtant, une vérité contre-intuitive persiste : le cerveau est biologiquement programmé pour oublier ! Une leçon ne peut pas être sue « en une fois ».
Ton enfant ne va pas connaitre sa leçon entièrement en une fois.

Faire ses devoirs sans s’énerver : la courbe de l’oubli
Il faut en moyenne 5 réactivations espacées pour que l’information reste.
Relire ne veut pas dire mémoriser. Mémoriser, c’est fermer son cahier, essayer de se rappeler, et seulement après, vérifier.
En fonction de l’âge et du profil de l’enfant, Aurélie conseille les parents sur un planning et du matériel pour réaliser ces réactivations de manière optimale.
Ensuite, c’est l’enfant qui peut utiliser le matériel en autonomie. Vous trouverez toute la méthode sur le Skool d’Aurélie.
Les 5 carburants de la motivation
Vous vous demandez peut-être : « Peut-on motiver un enfant ? ». La réponse d’Aurélie est sans appel : non, on ne peut pas la décréter, mais on peut l’alimenter au quotidien.
La motivation a besoin de « carburants » pour fonctionner durablement. Plus l’enfant trouve du sens et du plaisir maintenant dans sa tâche, plus il s’engage naturellement dans ses devoirs à la maison.
Voici les carburants essentiels selon Aurélie, pour remotiver son enfant à travailler :
- un état d’esprit de développement (valoriser les efforts)
- le sentiment de compétence
- le choix et le contrôle
- l’intérêt immédiat
- et bien sûr, le plaisir.
Bon, OK, mais comment fait-on concrètement ? Rejoignez Aurélie sur son Skool (communauté dédiée aux parents) pour découvrir sa méthode complète, son accompagnement, ses routines.
Le nouveau rôle du parent : coach, pas prof particulier
Alors, si on n’est plus le prof qui corrige au stylo rouge, on devient quoi ? Aurélie nous propose un nouveau costume, bien plus efficace : celui de coach.
Soutenir, organiser, questionner : votre nouvelle mission
Votre job tient désormais en trois verbes d’action précis :
- Vous soutenez les émotions qui débordent souvent le soir.
- Vous aidez à l’organisation sans jamais faire à la place.
- Enfin, vous posez les questions qui débloquent la situation.
Si vous gérez bien le climat affectif, la magie opère ;-)
Quand le cerveau comprend comment apprendre, les notes suivent. C’est une conséquence logique, jamais un but. On évite ainsi de s’énerver face aux difficultés passagères.
Les questions qui changent tout (et que vous pouvez poser dès ce soir)
Oubliez le classique « Tu as bien appris ta leçon ?« . On change de disque pour rendre votre enfant vraiment acteur.
Voici les questions pépites d’Aurélie pour transformer la séance :
- Qu’est-ce que tu veux retenir d’important dans cette leçon ?
- Comment penses-tu que tu vas t’en souvenir ?
- Quand est-ce qu’on pourrait le revoir 5 minutes cette semaine ?
Ces interrogations déplacent immédiatement le focus. On ne vise plus la performance, mais la bonne stratégie d’apprentissage.
Le résumé pour les parents pressés (et mon invitation pour aller plus loin)
L’objectif n’est pas de devenir un parent parfait. Aurélie insiste sur l’importance d’être un parent présent. C’est une posture consciente qui change toute la dynamique familiale. C’est le mot de la fin.
Pour ceux qui lisent en diagonale entre deux tâches ménagères (sacré quotidien !) , voici l’essentiel :
- 15 minutes de lien par jour.
- 5 minutes de réactivation avant les devoirs.
- Moins de pression sur les résultats.
- Mieux comprendre le cerveau.
- Ajuster sa posture de parent.
Ces conseils sont un excellent début pour savoir comment faire les devoirs sans s’énerver. Pour échanger avec d’autres parents et accéder à tous les conseils d’Aurélie, rejoignez sa communauté sur le Skool d’Aurélie Dhoyer.
Alors, on respire un grand coup ? Grâce à l’expertise d’Aurélie, les devoirs ne devraient plus être une zone de guerre à la maison.
Rappelez-vous l’essentiel : le lien affectif avant la note, toujours !
Testez ces astuces dès ce soir avec vos loulous. Allez, courage la team parents, on va y arriver ensemble (et sans s’énerver) !
Pour contacter Aurélie Dhoyer / Noscophilia : aurelie.dhoyer@noscophilia.fr
Pour les parents qui souhaitent aller plus loin que la lecture de cet article, Aurélie Dhoyer a créé la communauté en ligne Skool : « Parents & devoirs sans tension ».
C’est le point d’entrée recommandé pour découvrir son approche, accéder à des ressources concrètes et échanger avec d’autres parents confrontés aux mêmes difficultés.
C’est quoi le Skool Parents & devoirs sans tension ?
C’est un tout nouvel espace en ligne, conçu par Aurélie, pour aider les parents d’enfants du primaire, à transformer le moment des devoirs en un temps plus calme, efficace et serein.
Sans méthode miracle ni pression, le Skool permet de mieux comprendre le fonctionnement réel de son enfant (attention, mémoire, émotions, fatigue) afin d’adapter sa posture et ses stratégies au quotidien.
- Vidéos courtes
- Outils concrets
- Routines simples
- Et échanges bienveillants entre parents, animés par Aurélie
Cette plateforme aide les parents à apaiser les soirées, renforcer l’autonomie de leur enfant et restaurer le plaisir d’apprendre, tout en préservant la relation parent-enfant.
L’accès est proposé avec une période d’essai, afin de permettre aux parents de découvrir l’espace avant de s’engager.
Vous avez trouvé cet article utile ?
Notez et mettez un commentaire, ça me fera très plaisir.
Voir mon interview complète :

FAQ
Comment faire pour ne pas s’énerver pendant les devoirs (et éviter les cris) ?
On a tous connu ça : la fatigue de la journée, la patience qui s’effrite et le ton qui monte. Selon Aurélie Dhoyer, le secret pour ne pas « péter les plombs », c’est de lâcher prise sur la sphère disciplinaire (le contenu, c’est le job du prof !) pour se concentrer sur la sphère affective. Si on sent que la tension monte, on arrête tout. Mieux vaut des devoirs non faits mais une relation préservée, qu’une soirée gâchée par les cris qui, de toute façon, bloquent le cerveau de l’enfant.
Pourquoi est-ce que je m’énerve autant en faisant les devoirs avec mon enfant ?
C’est souvent parce qu’on a peur pour eux. On projette nos propres angoisses : « S’il ne sait pas ça, il va rater son année« , « Il ne m’écoute pas« . Aurélie nous explique que l’on se focalise trop sur le résultat (la note, l’exercice fini) au lieu du processus. Cette pression active notre propre mode « menace » et celui de notre enfant. En gros, on s’énerve parce qu’on les aime et qu’on veut qu’ils réussissent, mais c’est contre-productif car cela fige leurs capacités d’apprentissage.
Comment faire pour que les devoirs se passent (enfin) bien ?
La clé magique que j’ai retenue de cet échange, c’est la connexion avant la correction. Aurélie recommande d’instaurer 10 à 15 minutes de « temps de lien » pur (jeu, discussion, câlin) sans parler d’école, juste avant de s’y mettre. Cela remplit le réservoir émotionnel de l’enfant et le rend disponible pour apprendre. Si la relation est sécurisante, le cerveau s’ouvre et les devoirs deviennent beaucoup plus fluides.
Comment donner vraiment envie à son enfant de faire ses devoirs ?
On ne peut pas forcer la motivation (ce n’est pas un bouton sur lequel on appuie !), mais on peut l’alimenter. Pour cela, il faut valoriser les efforts et le chemin parcouru plutôt que la note finale. L’enfant a besoin de sentir qu’il progresse et qu’il a du contrôle. Lui laisser le choix de l’ordre des matières ou du stylo à utiliser peut déjà changer la donne. Le but est de transformer la corvée en un moment où il se sent compétent.
Comment aider mon enfant à se concentrer à 100% ?
Souvent, on pense que l’enfant rêvasse, alors qu’il ne sait juste pas « comment » faire dans sa tête. C’est ce qu’Aurélie appelle les évocations. Pour se concentrer et mémoriser, l’enfant doit se créer des images, des sons ou des histoires mentales. Au lieu de lui dire « concentre-toi ! », demandez-lui : « Qu’est-ce que tu vois dans ta tête quand tu lis ce mot, cette poésie ? ». Apprendre, ça se passe à l’intérieur, pas sur le cahier !

Les « évocations » : le secret de la mémorisation
